IL Y A…
Je devine
la nuit me tendre la main, avec ses doigts menus, élégants, dans un souple
mouvement de danse tzigane. Des papillons aux larges ailes s’agitent dans un
battement singulier, en écho à mon cœur plein d’envie. Il y a les cils de la
nuit qui ronronnent dans la paume de mes mains, engourdies et peureuses. Il y a
le vent de tes songes qui virevoltent dans l’air déjà bleuté de notre alcôve
riche de ses ombres envoutantes.
Il y a la
douceur de l’air encanaillant, aux reflets suaves et roux, brûlant au bord de
tes lèvres brillantes. Il y a les pas du temps qui défient nos regards apaisés,
aux confins des draps chiffonnés. Les ombres sautillent, feux follets ravis,
sans excuses futiles, dans le chao infini de nos caresses voyageuses sur nos
peaux tendres.
Il y a une
moiteur indigo dissimulée dans les plis sauvages de nos terres inconnues
gardant des secrets fragiles à l’abri d’une lune indiscrète.